Écrits
Le Inktober 2020

Le 4ème jour du Inktober détourné en mode défi d’écriture (mot du jour : « Radio »). Représentation du chaos littéraire de l’épisode maniaque mais de la créativité qui en découle.
Ça y est. Son travail était achevé. Des jours qu’il s’évertuait à remettre en état de marche cette radio vintage qu’il avait trouvé dans un débarras, dont personne ne voulait. Il avait un faible pour l’électronique. C’était un véritable défi que de réparer ce petit appareil. Avec un peu de matériel récupéré ici et là, il la sauverait de l’oubli. C’était fait. L’heure avait sonné. Il brancha la radio, appuya sur le bouton de marche et… rien. Il augmenta le volume. Toujours rien. Pas découragé, il tapota légèrement dessus, naïvement, dans l’espoir d’entendre un quelconque son. Mais rien. Il la démonta, vérifia que tout était en état, et remonta le tout avant de la rallumer. Toujours rien. Après quelques heures passées à chercher d’où le problème pouvait venir, et agacé d’entendre sa femme crier son nom toutes les demi-heures pour lui enjoindre d’arrêter de jouer et d’aller faire des courses, il laissa tomber. Un peu frustré, il remonta l’escalier pour sortir de la cave et c’est là qu’il entendit un son étrange. Un léger bip étonnant qui ne pouvait avoir pour seule origine que la radio qu’il devait alors avoir réussi à réparer. C’était un génie ! Il descendit à toute vitesse l’escalier, oubliant sa femme et s’assit à côté de l’objet. Le bip s’éteint à son arrivée. Tout excité, il modifia la fréquence jusqu’à entendre un nouveau son. Un nouveau bip. Il changea alors de fréquence. Encore la même chose. Il répéta l’action plusieurs fois. Toujours le même bip. Parfois court, parfois long. C’est là qu’il eut une illumination. Si la radio ne parlait pas, elle essayait de lui dire quelque chose, lui raconter une histoire peut-être. Il hurla sa trouvaille à sa femme qui ne fit fi de ses hurlements, presque exténuée des trouvailles journalières et complètement inutiles de son mari. Lui, se concentrait. Car ce que la radio émettait, c’était du morse. Il le savait. Armé d’un crayon pas taillé, il nota chaque sonorité sur un petit bout de papier déchiré et chercha ensuite un de ses bouquins pour l’aider à traduire le morse. Avec un peu de mal, il finit par tout déchiffrer : « Ne crois pas ce qu’on raconte. La Terre est plate ». Il ouvrit grands les yeux, ne croyant pas ce qu’il venait de lire, car cela confirmait tout ce qu’il savait déjà. Il en avait la preuve. Les bips de la radio ne pouvaient pas mentir. Aristote n’avait qu’à bien se tenir. Par la suite, il décida de faire ce qu’aucun homme n’avait fait jusqu’ici : il construisit une fusée. Dans l’espoir de photographier la Terre plate et dénoncer les mensonges de ces chercheurs sataniques de la Nasa. Quelques mois passèrent, les premiers tests échouèrent. Des années passèrent et il se sentit fin prêt à décoller pour dévoiler la vérité au monde entier. Il filma même l’événement qui deviendrait mondial. Il monta dans la fusée, démarra le réacteurs. L’excitation montait. Une radio lui avait montré la voie, l’avait guidé. C’était le grand jour. Après un décompte de 10 secondes, observé par sa femme à une centaine de mètres, déboussolée et prête à divorcer ce fou, il démarra la fusée. Et s’écrasa dans une petite explosion. Certains disent que la radio émet toujours des bips, des années après.
