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  • Illustration tasse de café chaude

    Après mes témoignages d’épisodes de la bipolarité, j’ai pensé introduire une petite respiration avant de poursuivre mes contenus autour de mes conditions. Un moment que je répète chaque matin et qui éveille mes sens en plus de me donner l’énergie nécessaire pour naviguer dans un monde conçu pour les allistes. C’est la toute première chose que je fais en me levant. Je l’ai fait chaque matin pendant 12 ans avant qu’un épisode dépressif vienne réussir à balayer un moment pourtant si précieux et simple. Et puis, naturellement, il est revenu.

    Ce petit geste, c’est mon rituel favori : c’est la tasse de café. Je n’imagine pas une journée sans avoir pris mon café du réveil. Même dans les lieux les plus lugubres, j’emportais avec moi du café soluble au goût délectable.

    Chez moi, j’ai une machine à capsules compatible Nespresso. Pas l’idéal, car mon rêve serait d’avoir une machine à grains, mais elle remplit déjà son rôle à merveille.

    Ensuite, il s’agit de choisir sa capsule. Toujours la même.
    Je prends ma tasse favorite. Toujours la même.
    Et je démarre la machine pour y faire couler un espresso. Toujours le même.

    Je sens déjà l’odeur du café au moment où la machine se met en marche au bruit duquel je me suis habitué avec le temps. L’odeur envahit mon salon. Si j’en avais les capacités, je me réveillerais avec cette odeur, avec ma tasse prête à être bue. Le plus satisfaisant, c’est d’observer la mousse se former lorsque le café a fini de se déverser et pouvoir la faire danser en remuant la tasse.

    Un café noir. Sans sucre, sans lait. Oh que non, jamais. Ce serait un sacrilège. J’attends une minute que le café refroidisse tendrement et je porte la tasse à mes lèvres. J’en sens le contact de la céramique puis, enfin, du délicat goût amer du café. Amer, c’est tel que je l’aime.

    Et pourtant, lorsque j’ai commencé à boire du café, je n’en buvais que pour m’aider à survivre à ma prépa. J’y ajoutais une telle dose de sucre que le goût du café était méconnaissable. Puis, par défi — par curiosité — j’ai commencé à goûter des cafés différents, plus forts, plus intenses.

    Victoire : moins d’un an plus tard, le café noir et moi ne faisions plus qu’un. À tel point que je suis écœuré par un café sucré et n’hésiterai pas à le vider dans l’évier s’il l’est.

    Un café qui ne change pas

    Ce café, je l’aime chaud, à la température parfaite, et à la concentration idéale. Quoique si j’ai le choix, il m’arrive d’opter pour un ristretto (une gorgée), à la concentration et l’amertume toujours plus manifeste.

    Ce café, il structure mes journées. Même quand plus rien ne va. Même quand je suis dépressif. Même quand je m’écrase en épisode mixte.

    Ce café, il m’aide à ajouter un peu de prévisibilité à un monde que j’imagine tous les matins difficile à intégrer. Alors à défaut de l’intégrer, j’intègre le café à ma routine matinale.

    Ce café, il n’est souvent pas unique. D’autres m’accompagnent dans ma journée. Mais ce café est celui qui compte.

    Il est rituel.
    Il est repère.
    Il est identité.
    Il est symbole.
    Et quelque part, oui, il est un réel soutien.

    Demain, le café sera le même. Moi, peut-être pas.

    Par Florent

    Flo, développeur et cinéphile. Autiste et bipolaire, je partage ici mes cycles, mes passions et mes découvertes sur la neurodiversité.

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