
Shutdown et meltdown : comprendre les crises autistiques
Dans l’imaginaire collectif, un autiste, c’est quelqu’un de renfermé exceptionnel en maths, calme et qui se balance d’avant en arrière.…
Chroniques d'un esprit atypique — Sans vernis ni détour

Dans l’imaginaire collectif, un autiste, c’est quelqu’un de renfermé exceptionnel en maths, calme et qui se balance d’avant en arrière.…

Le burn-out autistique, en quelques mots, c’est comme un shutdown complet de longue durée. Il fait souvent suite à une…

Un ancien ami m’a une fois demandé comment je voyais le fait d’être amoureux. J’ai répondu que c’était « tout plein…
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J’ai écrit de nombreux articles de ce blog en l’espace de quelques jours. Un mois avant, j’avais écrit deux livres en moins de deux semaines. Encore avant, en mars 2025, j’ai vécu une expérience ultra stimulante à sociabiliser du matin au soir pendant un stage de ski. En janvier, même schéma. Le point commun ? Il s’agissait là à chaque fois d’épisodes hypomaniaques à la suite desquels se sont systématiquement développés des épisodes maniaques. Après une saison 28 riche en rebondissements, la saison 29 commence mal : dans l’épisode de septembre, ma psychiatre m’a confirmé que j’étais passé en cycle rapide.
Les stéréotypies, ce sont ces mouvements ou sons qui paraissent souvent comme des tics pour l’œil non averti. Pourtant, ils sont très différents. Dans leur manifestation, et dans leur rôle. Ils sont réguliers, répétitifs, rythmés et sans but apparent. « Apparent », c’est la clé. Ils jouent en réalité un rôle de régulation sensorielle et émotionnelle. En un mot, ils sont essentiels à la vie de la personne autiste. Dans le jargon autistique, on parle souvent de stim. C’est la version autistique de stéréotypie, plus médicale et connotée négativement.
Quand on parle d’autisme, on emploie souvent un certain nombre de mots qui n’apparaissent habituellement pas dans le langage courant. La plupart ne sont même pas définis dans les dictionnaires. Dans la communauté autistique, ils permettent d’interagir plus facilement pour mettre des mots là où il n’y en a pas. Ce vocabulaire peut toutefois sembler obscur pour les non concernés, mais aussi les personnes autistes non diagnostiqués ou nouvellement diagnostiquées.
J’ai déjà évoqué les cinq sens principaux (ouïe, vue, toucher, odorat, goût), le corps humain en dispose de plusieurs autres, notamment quatre : le système vestibulaire, la proprioception, la nociception et la thermoception. Ce dernier, vous le connaissez bien : c’est celui responsable de vous transformer en flacon l’hiver et d’être une marmite l’été. Chez les personnes autistes, ils sont souvent altérés de la même manière que les cinq principaux. Ces sens dits invisibles façonnent pourtant notre quotidien. Quand ils sont atypiques, comme c’est souvent le cas dans l’autisme, cela peut transformer des expériences banales en véritables montagnes russes.
Un de mes plus vieux souvenirs, c’est d’observer les fines particules volantes à la fenêtre de ma chambre. Cette vision me fascinait. Pourtant, toute ma vie, mes sensibilités sensorielles ont été mon plus important handicap. Elles étaient le principal déclencheur de mes crises autistiques. Lorsque j’ai vécu mon premier burn-out autistique, mes hypersensibilités sensorielles se sont intensifiées au point que je les ai qualifiées de « détraquées ». Ce qui me gênait ou ce à quoi je m’étais habitué m’était devenu intolérable. Puisqu’elles sont partie intégrante du diagnostic et de la vie des personnes autistes, il convient d’en donner quelques explications et mon témoignage.
Après avoir expliqué les routines et parler des miennes, il est évident que je me dois de porter un regard sur les rituels. Les rituels, comme les routines, transforment un monde perçu comme imprévisible en quelque chose de stable et maîtrisable. Pour rappel, la différence clé entre ces deux notions est qu’une routine est une suite d’actions ou de gestes réguliers et organisés, alors que le rituel est une action portant une valeur symbolique, émotionnelle ou identitaire.
Les routines font partie des critères de diagnostic du TSA — de l’autisme. Il s’agit de séquences d’actions, de gestes ou de comportements répétitifs. Derrière ce critère médical un peu terne se cache une réalité quotidienne pour beaucoup de personnes autistes qui en font l’expérience de manière beaucoup plus vivante. Chaque geste répété est en fait une boussole pour la personne autiste qui aiguille sa journée. Les routines lui apportent structure et organisation.
Dans la vie, j’ai plusieurs intérêts spécifiques majeurs. Deux sont très anciens, l’un datant probablement de mon enfance. Mais un intérêt spécifique, c’est quoi ? Le nom correct pour le définir, c’est « intérêts restreints ». Le terme n’est que peu employé car il sous-entend que la personne autiste ne s’intéresse pas à grand-chose. Les intérêts spécifiques, c’est l’équivalent d’une passion chez un alliste (personne non autiste, voir Glossaire). La différence se trouve dans son intensité, son caractère envahissant et le rôle qu’il joue.
Moi, c’est Flo, j’ai 29 ans depuis peu et ai parcouru un chemin difficile. Après des années à m’intéresser à l’autisme, après l’avoir enfin accepté, et après presque un an d’introspection sur le sujet, j’ai choisi d’ouvrir un blog sur le sujet de troubles qui m’ont été diagnostiqués.